La présence des Acadiens et des Français à l’Île-du-Prince-Édouard remonte au début du 18e siècle. Les gens d’origine européenne connaissaient l’Île sous le nom « île Saint-Jean ». Cependant, un peuple résidait déjà à l’Île au moment de leur arrivée. En effet, le peuple mi’kmaq était établi à l’Île depuis très longtemps. Les Mi’kmaq avaient donné à l’Île le nom de Kjiktu’lnu, qui signifie « notre grand bateau », et Epekwitk, qui signifie « terre bercée par les vagues ».
Après avoir perdu l’Acadie aux mains de l’Angleterre en 1713, la France décide d’établir une colonie à l’île Saint-Jean. Les premiers colons de France et d’Acadie viennent s’y établir en 1720. Ceux de France deviennent surtout pêcheurs de morue, alors que les Acadiens deviennent surtout fermiers.
La croissance démographique de la colonie s’avère lente. Vingt-huit ans après l’arrivée des premiers colons, la population insulaire d’origine acadienne et française ne compte que 735 personnes. Mais, en 1748, ce chiffre commence à monter de façon exponentielle lorsque de nombreuses familles de la Nouvelle-Écosse, menacées de déportation par les autorités britanniques, viennent s’établir sur l’Île. En six ans, la population s’élève à environ 3000 personnes. De nombreuses autres familles acadiennes se réfugient sur l’Île en 1755, au cours de la Déportation en Nouvelle-Écosse.
La colonie connaît une triste fin peu de temps après en 1758. Après leur conquête de la forteresse de Louisbourg sur l’Île Royale (Cap-Breton) pendant la guerre de Sept Ans, les Britanniques prennent possession de l’île Saint-Jean. Ils déportent une grande partie de la population en France, et un bon nombre de famille se réfugient sur la terre ferme. Grâce à quelques familles qui réussissent à demeurer sur place, la présence acadienne se poursuit sans interruption sur l’Île. Cette dernière devient officiellement une colonie britannique par le Traité de Paris en 1763.
