• Skip to main content
  • Skip to header right navigation
  • Skip to site footer
Île Acadie ÎPE – PE

Île Acadie ÎPE - PE

Live the Acadian experience of Prince Edward Island

  • À notre sujet
    • La culture d’un rivage à l’autre
    • Histoire
    • Contes et légendes
    • Visages de l’Acadie
    • Le guide touristique (PDF)
  • Sites et visites
    • Lieux historiques
    • Églises et monuments
    • Paysages de terre et de mer
  • Itinéraires
    • Excursions d’une journée
    • Excursions de deux jours
    • Immersion de trois jours en Acadie
    • Exploration des communautés acadiennes du présent et du passé
    • Des Itinéraires inoubliables
  • Expériences
    • Musées et attractions touristiques
    • Divertissement
    • Culinaires
    • Magasinage
    • Festivals et événements
    • cinéma de l’Île-Acadie
    • Expériences inoubliables
  • Hébergement
  • Contactez-nous
  • English

Le légendaire Joe League and Half

par Georges Arsenault

Joseph Arsenault, connu sous le nom de Joe League and Half, et parfois aussi Joe Liguenoff, naît le 15 avril 1744 dans le village acadien de Malpèque, sur la rive ouest de la baie Malpèque. Parmi ses illustres descendants, on compte l’honorable Aubin E. Arsenault, ancien premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Stanislaus F. Perry, premier Acadien élu à l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard et à la Chambre des communes, sœur Antoinette Desroches, première directrice du Musée acadien, ainsi que la célèbre chanteuse Angèle Arsenault. Joe League and Half devient une figure légendaire de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard après la déportation.

Les Anglais le surnomment « Joe League and Half » dans sa jeunesse alors qu’il leur sert de guide. Chaque fois qu’ils lui posaient la question de savoir à quelle distance se trouvait un endroit, il n’avait qu’une seule réponse, soit « League and half », ou une ligue et demie. Joe ne parlait pas beaucoup anglais, mais il savait bien ce que représentait une ligue, soit environ 4,5 km.

Joe décède à Baie-Egmont en 1833, et il est l’un des premiers Acadiens dont la nécrologie paraît dans un journal de l’Île. Le 10 décembre 1833, quelques semaines après sa mort, The Royal Gazette publie l’avis de décès suivant : « Le 21 novembre, à St. Joseph, Baie-Egmont, Isle du Prince Édouard, à l’âge de 90 ans, Joseph Arseneaux, un des plus anciens habitants de l’Acadie. Lorsque les Français perdirent cette Isle, en 1758, il reçut et conserva toujours le sobriquet de league and half (lieue et demie). Sa connaissance de la langue anglaise se bornait à ces trois mots; et c’était la seule réponse qu’il pouvait donner aux questions des officiers anglais qu’il était dans l’habitude de rencontrer dans le voisinage de la Baie St. Pierre, où il demeurait alors. Il était généralement estimé et respecté pour son caractère de probité, d’hospitalité et de charité. »

Le 25 décembre, le même avis de décès paraît dans le journal de Halifax, le Novascotian, et il est même publié en français dans le journal montréalais La Minerve en date du 13 janvier 1834. Que savons-nous au sujet de Joseph Arsenault, surnommé Joe League and Half? Joe est le petit-fils de Pierre Arsenault, l’ancêtre de la lignée acadienne Arsenault en Amérique du Nord. Le père de Joe est le dernier fils de Pierre, Abraham Arsenault, connu sous le nom de « Petit Abram », et sa mère est Marie Josèphe Savoie. En 1741, soit trois ans avant la naissance de Joe, la famille part de Beaubassin (près d’Amherst, en Nouvelle-Écosse) pour aller vivre à Malpèque. Joe est âgé de 13 ans lorsque les Britanniques prennent le contrôle de l’Île en 1758 et déportent la plupart des Acadiens en direction de la France. Joe fait partie des Insulaires qui réussissent à échapper à la déportation en s’enfuyant vers la terre ferme.  À ce moment-là, il est fort probablement déjà orphelin puisque l’on croit que ses parents sont décédés l’année précédente lors d’une épidémie de variole à Malpèque. Joe a sûrement été pris en charge par l’une de ses sœurs aînées mariées qui s’est retrouvée dans un camp de réfugiés sur la rivière Restigouche au fond de la baie des Chaleurs. Ils n’y sont restés que quelques années avant de retourner à l’Île pour s’établir à Havre-Saint-Pierre. Ses sœurs Nathalie et Josèphe, mariées respectivement à Joseph Bernard et François Bourque, figurent sur la liste des habitants du Havre-Saint-Pierre en 1763. Bien que Joe ne figure pas sur cette liste, il y réside probablement avec l’une de ses sœurs parce que son nom figure sur la liste des habitants rédigée en 1765 par le capitaine Joseph Williams. Cette année-là, Joe a 21 ans et il est toujours célibataire. D’après un document de 1768, nous savons qu’il abat des arbres et qu’il aide à l’aménagement des rues de Charlottetown, une ville en plein essor.

Bulletin de la P.E.I. Genealogical Society, Inc.
5 février 2020

Vers 1770, alors qu’il vit probablement encore au Havre-Saint-Pierre, Joe League and half épouse Marie Richard, fille de Paul Richard et Marie-Renée Boudrot. Paul Richard était décédé vers 1760. Quelques années plus tard, sa mère Marie-René se rend aux Îles-de-la-Madeleine où elle épouse Alexandre Arsenault, le cousin germain de Joe. Joe et Marie élèvent une famille de dix enfants, trois garçons et sept filles.

Ils quittent Havre-Saint-Pierre et s’installent du côté est de la baie Malpèque, dans les environs de Darnley Bassin, puis en 1775, ils se rendent au fond de la baie de Malpèque à l’endroit maintenant connu sous le nom de North St. Eleanors, où ils deviennent locataires du propriétaire du lot 17. À l’âge de cinquante ans, Joe est de toute évidence un chef de la communauté acadienne respecté et digne de confiance. En 1794, Edmund Fanning, lieutenant-gouverneur et commandant en chef de l’Île, le nomme lieutenant dans la compagnie du capitaine Campbell du régiment de milice du comté de Prince. Il est chargé d’entraîner les soldats et les officiers inférieurs de la compagnie. Dix ans plus tard, il est nommé second capitaine dans une compagnie de volontaires indépendante de la milice du comté de Prince, commandée par le lieutenant-colonel Harry Compton. Ce dernier acquiert une partie du lot 17 en 1803, et il quitte l’Angleterre pour aller vivre à l’Île. L’année suivante, Joe League and Half est probablement le premier locataire acadien à signer un bail avec Compton. Le bail d’une propriété de 125 acres est d’une durée de 2000 ans! Cependant, en 1807, Joe semble avoir résilié son bail afin de participer à une convention collective dans laquelle 21 Acadiens signent un bail unique avec Compton. Les rapports entre les Acadiens et Compton et certains des colons anglais du lot 17 se dégradent à un tel point qu’en 1814, la plupart des locataires acadiens quittent l’endroit et vont s’installer au lot 15 (Baie-Egmont et Mont-Carmel). D’autres choisissent de se joindre à leurs amis et aux membres de leur famille qui ont déjà déménagé aux lots 1 (Tignish) et 5 (Cascumpec). Il semble que Joe League and Half, maintenant âgé de près de soixante-dix ans, est déterminé à ne pas abandonner sa ferme et à quitter la communauté, malgré le départ de ses enfants. À cette époque, ceux-ci vivent à Baie-Egmont, Tignish, Miscouche et Cascumpec.

Cependant, Joe se vit rapidement menacé par certains de ses voisins anglais, comme le rapporte le révérend John C. Macmillan dans son livre The Early History of the Catholic Church in Prince Edward Island, 1721-1835 (p. 174) : « Un récit traditionnel qui persiste parmi les Acadiens raconte que l’un des premiers locataires du colonel Compton, un homme du nom de Joseph Arsenault, à son retour du travail un certain soir, trouve un avis affiché sur la porte de sa grange le menaçant de violence s’il ne quitte pas immédiatement les lieux. L’avis est transpercé des dents d’une fourche à foin et stipule que le propriétaire de la grange risque de recevoir un traitement semblable s’il retarde son départ. » 

Selon Macmillan, Joe League and a Half était un homme tenace, par conséquent ses voisins anglais devaient prendre des mesures fortes pour l’intimider suffisamment pour qu’il abandonne sa propriété et s’éloigne : « M. Arsenault était un homme d’une influence considérable dans la communauté. Il était certainement un meneur parmi ses compatriotes. Intrépide dans le respect de leurs droits et condamnant ouvertement les torts des Anglais, il fait obstacle aux agressions des Anglais, faisant obstruction à ces nouveaux arrivants voraces qui cherchent à prendre possession des fermes fertiles des Acadiens. Les Anglais devaient donc l’écarter du chemin, et leur choix s’est arrêté sur lui pour la démonstration d’hostilité ci-dessus. » (p. 175)

Bulletin du P.E.I. Genealogical Society, Inc.
Le 6 février 2020

Après avoir subi des menaces de mort, il quitte North Saint Eleanors à contrecœur pour se rendre à La Roche (Baie-Egmont) où vivent quatre de ses dix enfants. Sa plus jeune fille, Juliette, affirme dans une longue ballade qui raconte leur départ du lot 17 pour s’installer à La Roche, que ce sont les membres de la famille vivant à Baie-Egmont qui ont pris l’initiative de récupérer leur père de cette situation précaire :

« Ses chers enfants ayant appris cela, Sans regarder aucun embarras, Leur très cher père ils ont été retirer De la fureur de ces loups enragés. »

Joe League et Half s’installe donc parmi ses quatre enfants qui sont tous mariés aux enfants d’un autre Joseph Arsenault, son cousin germain, connu sous le nom de Joe Magitte. Il n’est donc pas surprenant que l’établissement soit d’abord nommé le Village des Jos, le village Joe League et Saint-Joseph. Vers 1850, on rebaptise la communauté au nom de Saint-Chrysostome. Cependant, le Meacham Atlas de l’Île-du-Prince-Édouard de 1880 identifie la communauté comme étant à la fois « St. Chrysostom » et « Jo League Village ».

Quelques années après son établissement à La Roche, Joe League and Half rencontre John McGregor, de Brackley Point. McGregor est marchand, propriétaire foncier, fonctionnaire et homme politique influent de l’Île. De retour d’un voyage dans la baie des Chaleurs, McGregor débarque sur les rives de Baie-Egmont. Il raconte son séjour dans la colonie acadienne dans son livre British America (vol. 1, p. 492-493) publié en 1832 et il donne une description intéressante du vieil homme qui l’a accueilli. Il n’identifie pas l’homme par son nom, mais selon toute probabilité, il s’agit bel et bien de Joe League et Half. À l’époque, Joe aurait été âgé de presque quatre-vingts ans, mais McGregor croyait qu’il était un vieil homme âgé de cent ans! « En descendant le golfe du Saint-Laurent à bord d’un grand baleinier, à partir de la baie des Chaleurs, nous avons été conduits dans cette baie, mais nous n’avons pas pu nous approcher à moins d’un quart de mille de la rive, du fait qu’elle était bordée par une série de bancs de sable étroits, avec des canaux d’environ quatre pieds de profondeur entre eux. Un Acadien, âgé de près de cent ans, est venu nous voir à cheval et il nous a transportés, un à la fois, à dos de cheval derrière lui jusqu’au rivage. Les Acadiens simples nous ont offert un accueil des plus chaleureux. Je me suis arrêté dans la maison du vieux patriarche; et on m’a donné le lit dans lequel le prêtre dormait lors de ses visites au village deux fois par an. Seuls le vénérable Acadien et sa femme vivaient dans la maison. Il travaillait dans les champs chaque jour; et sa femme l’aidait fréquemment. De plus, elle cuisinait, faisait le lavage et fabriquait et réparait ses vêtements. Il m’a donné de telles informations sur l’état précoce de l’Île, car il est natif de l’Île, et il était présent au moment où l’Île a été rendue aux Anglais en 1758. »

Bulletin de la P.E.I. Genealogical Society, Inc.
Le 7 février 2020

Parlant de lui-même, il a raconté : « Je suis le père de chaque famille du village (vingt-quatre à l’époque); en effet, il n’y a pas une seule de ces maisons dans lesquelles je n’ai pas un fils, une fille, un petit-fils ou une petite-fille qui sont mariés; et j’ai aussi plusieurs arrière-petits-enfants. Regardez ma vieille femme et moi, dit-il, nous vivons maintenant seuls, comme nous le faisions quand nous nous sommes mariés. Nous n’avons pas besoin de travailler, c’est vrai, car nos enfants nous fourniraient volontiers tout ce dont nous aurions besoin, même si nous n’avions pas d’argent. Mais nous savons que, si nous ne travaillions pas, nous mourrions bientôt. D’ailleurs, nous sommes en bonne santé et forts, et donc ce serait un grand péché de ne rien faire. Aucun de nous n’était presque jamais malade. Je n’ai jamais eu mal à la tête, et je n’ai jamais pris de physique de ma vie. » La bonne santé de Joe League and Half lui a permis d’atteindre son anniversaire de 89 ans. Plus précisément, il avait 89 ans, 7 mois et 7 jours au moment de son décès. La ballade composée par sa fille, dans laquelle on raconte sa fuite de North St. Eleanors, a été transmise oralement sur plusieurs générations en gardant vivant le triste événement. En fait, j’ai enregistré la chanson à Abram-Village en 1971, chantée par Mme Madeleine Gallant (née Bernard), originaire de Saint-Chrysostome et dont la belle-mère était une arrière-petite-fille de la fille de Joe qui a composé la chanson. Comme mentionné ci-dessus, ce remarquable Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard a un grand nombre de descendants sur l’Île et même à travers l’Amérique du Nord. La plupart de ses descendants ne le connaissent pas et ne sont même pas au courant qu’il fait partie de leur arbre généalogique. J’aimerais pouvoir dire qu’il est l’un de mes ancêtres, mais malheureusement, il ne l’est pas. Cependant, je suis descendant de son frère Jean-Baptiste Arsenault, marié à Madeleine Gallant, qui, avec leurs enfants, ont été les premiers colons de mon village natal d’Abram-Village, d’abord appelé le « Village des Abrams ». L’Abram (Abraham) dont il est question est « Petit Abram Arsenault », père de Jean-Baptiste et Joe League and Half!

Famille de Joseph Arsenault (Joe League and Half) et Marie Richard

Jean-Baptiste : marié vers 1796 à Anne (Nanette) Arsenault : Établis à Saint-Chrysostome.

Jacques : marié vers 1800 à Anne (Nanette) Cormier. Établis à Cascumpec.

Marie : mariée vers 1799 à Fidèle Chiasson. Établis à Tignish.

Madeleine : mariée vers 1800 à Charles Doucet. Établis à Tignish.

Gertrude : mariée vers 1795 à Raphaël Gaudet. Établis à Miscouche.

Agnès : mariée vers 1800 à François Gaudet. Établis à Miscouche.

Dominique : marié vers 1805 à Barbe Arsenault. Établis à Saint-Chrysostome.

Bibianne : mariée vers 1804 à Joseph Arsenault. Établis à Saint-Chrysostome. Domithilde : mariée vers 1812 à Sosime Poirier (Perry), établis à Tignish. Juliette : mariée vers 1811 à Placide Arsenault. Établis à Saint-Chrysostome. Sources.

Copyright© 2026 Île Acadie
Website by TechnoMedia
Log in